Tout le monde le dit... alors, il me semble que c'est clair ? Non ? Ah bon.
Comme dans le précédent article sur une facette du féminisme, la valeur et le dogme, il est question d'un autre sujet fortement publicisé dans les médias : l'équité salariale. Voici donc la situation en question : présentée par les médias intensivement voilà quelques semaines, soit par le biais de la commission de l'équité salariale, soit par divers reportages de groupes de pression, l'équité a été traitée de long en large. Toutefois, ce qui en ressort est cette expression qui dit : « Les femmes gagnent encore (c'est le mot important, ici) moins que les hommes. »Bon, devant cette affirmation, j'ai un profond malaise avec la manière dont les choses sont présentées. D'abord, il y a confusion par absence de contexte, renforcé par le mot "encore". Cela laisse sous-entend une aberration évidente dont on ignore la portée, et l'absence de contexte favorise une solution facile, voire dérisoire. Cela fait aussi porter le poids de l'odieux sur les décideurs et par extension, les hommes, alors qu'en réalité, c'est un travail qui implique toutes les couches de la société. Et ce contexte fait référence à deux concepts, soit l'équité et l'égalité. Et bien entendu, la définition est loin d'être la même, et surtout, l'un est beaucoup plus simple que l'autre.
Ensuite, l'affirmation tient pour acquis que la population connaît la différence entre les deux termes. La commission de l'équité salariale a fait un beau travail de vulgarisation, il faut leur accorder, mais j'ai l'impression qu'elle a manqué de visibilité et qu'au final, le message n'a pas été si bien rendu. Donc, essayons de comprendre de quoi on parle, au juste.
L'égalité
Égalité : À travail égal, salaire égal. Aussi simple que ça. Ce combat a été engagé voilà des années par divers groupes féministes et il se devait d'être gagné. Aujourd'hui, je ne crois pas que quiconque le remette en question et je crois personnellement que l'égalité va de soi. Par contre, je pensais que c'était gagné depuis belle lurette. J'ignorais que dans des milieux comme le cinéma, le cachet d'un rôle principal est plus important pour un homme que pour une femme. Ouch ! Mais même au public, certaines personnes remettent en doute l'atteinte de l'égalité.
L'équité
Bon, là ça se complique. Voici la définition fournie par la CNESST (Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail) : « Les emplois traditionnellement occupés par des femmes devraient être à salaire égal à ceux traditionnellement occupés par des hommes, même si ces emplois sont différents, pourvu qu'ils soient de même valeur ou de valeur comparable dans l'entreprise. » Ish... voyez-vous le casse-tête devant vous ? Je n'aimerais pas être dans leurs souliers et faire l'exercice, mais je suis conscient que c'est nécessaire.
Houston, we have a problem...
C'est bien beau savoir différencier les deux, mais à mon sens, c'est l'aspect socioculturel qui mine le projet et non l'aspect politique. Particulièrement la famille, un concept ancré très profondément en nous. Même si on tend vers une implication plus grande des hommes au sein des familles, les femmes demeurent celles qui chapeautent le tout, bien que ce ne soit pas nécessairement prôné haut et fort. Mais surtout, la société jette encore un regard inquisiteur (et ironiquement, il vient souvent des autres femmes) sur elles, lourd à porter, leur apposant une pression induite, subtile qui malgré les déclarations d'égalité. Ça ne change rien au salaire horaire, c'est un fait. Mais, s'il est jugé normal par la société que la femme s'occupe des enfants (pour les rendez-vous médicaux, les maladies, etc.) et qu'ainsi, ses revenus annuels soient moindres, comment peut-on accéder à une réelle égalité ? Ce débat sur l'équité et l'égalité se retrouve-t-il tellement plombé, rendant sa conclusion caduque ?