Ce que le monde politique évoque sans toutefois que la jeune génération ne comprenne ce dont il est question... et parfois la moins jeune
Cet article est né d'un autre que j'ai lu et que vous pouvez lire ici, si le coeur vous en dit : http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/transports/201404/17/01-4758705-campagne-pour-lautobus-gratuit-a-quebec.php. D'emblée, je me disais que ça n'avait pas de sens, mais en y réfléchissant, j'ai dû me rendre à l'argument tout à fait défendable d'une personne citée dans l'article : "C'est un choix de société".
Un choix de société... la manière dont l'argument est avancé dépasse la vision dressée par cette personne. Elle implique un certain partage de celle-ci par la société. Un mouvement de masse idéologique porté par les électeurs et nos représentants (pas nécessairement ensemble, remarquez). Et qui parle de mouvement de masse, parle nécessairement de plus d'une idée ou d'un argument. On parle de divers projets, concepts, tous reliés vers un point commun. On commence à parler en fait de contrat social.
(D'ailleurs, si vous voulez avoir une petite idée ce que signifie "contrat social", allez voir là ->http://fr.wikipedia.org/wiki/Contractualisme)
Pour en revenir avec notre citoyen aux idéaux bien campés, je me rends compte qu'il y a quelque chose que nous avons oublié dans notre société. La plupart d'entre nous sommes nés à une époque où les grandes orientations gouvernementales et sociales avaient déjà été enclenchées. Autrement dit, nous n'avons pas vécu la transition entre "l'ancien régime" et l'actuel. Je pense que nous avons perdu de vu ce qui a été choisi pour former la base du contrat social avec lequel nous vivons qui date des années 60.
Donc, devant les discours politiques puisant à tous vents dans les idéaux bouillonnants d'une jeunesse très politisée, beaucoup n'ont pas l'impression d'être liés à ces décisions ou même concernés.
À partir de cette époque, le monde a voulu un système de soins public fort.
À partir de cette époque, le monde a voulu un système d'éducation laïque.
À partir de cette époque, le monde a voulu nationaliser l'hydroélectricité pour qu'elle profite aux québécois.
À partir de cette époque, le monde a poussé l'idée de la souveraineté/indépendance québécoise.
Aujourd'hui, les temps ont changé. Les gens ont oublié pourquoi. D'autres opinions volent ici et là ; opinions que vous avez sans doute entendues, ressemblant à ceci : "Heille, il me semble qu'on paye assez de taxes ! Ces maudits services là, on devrait en avoir plus qui sont gratuits ! Go pour le privé !" Ça vous dit quelque chose ?
Peut-on comme société, malgré l'évolution à vitesse toujours plus grandissante, percevoir cet écho et se poser une question : en quoi avons-nous cru ? En quoi croyons-nous aujourd'hui ?
N'en sommes-nous pas là : une reprise de conscience collective de ce pour quoi nous payons, chérissons, désirons et de ce que nous remettons en question ?
Cela va bien plus loin que cette échelle polarisée qu'est la droite et la gauche. On cherche à avancer, mais beaucoup ont oublié le point de départ. Comment est-il possible d'y revenir pour mieux repartir, alors ?
Un contrat social, en est-on prisonnier ou bénéficiaire ?