dimanche 28 septembre 2014

Contrat social : j'ai signé ça ?

Ce que le monde politique évoque sans toutefois que la jeune génération ne comprenne ce dont il est question... et parfois la moins jeune



Cet article est né d'un autre que j'ai lu et que vous pouvez lire ici, si le coeur vous en dit : http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/transports/201404/17/01-4758705-campagne-pour-lautobus-gratuit-a-quebec.php. D'emblée, je me disais que ça n'avait pas de sens, mais en y réfléchissant, j'ai dû me rendre à l'argument tout à fait défendable d'une personne citée dans l'article : "C'est un choix de société".

Un choix de société... la manière dont l'argument est avancé dépasse la vision dressée par cette personne. Elle implique un certain partage de celle-ci par la société. Un mouvement de masse idéologique porté par les électeurs et nos représentants (pas nécessairement ensemble, remarquez). Et qui parle de mouvement de masse, parle nécessairement de plus d'une idée ou d'un argument. On parle de divers projets, concepts, tous reliés vers un point commun. On commence à parler en fait de contrat social.
(D'ailleurs, si vous voulez avoir une petite idée ce que signifie "contrat social", allez voir là ->http://fr.wikipedia.org/wiki/Contractualisme)
 
Pour en revenir avec notre citoyen aux idéaux bien campés, je me rends compte qu'il y a quelque chose que nous avons oublié dans notre société. La plupart d'entre nous sommes nés à une époque où les grandes orientations gouvernementales et sociales avaient déjà été enclenchées. Autrement dit, nous n'avons pas vécu la transition entre "l'ancien régime" et l'actuel. Je pense que nous avons perdu de vu ce qui a été choisi pour former la base du contrat social avec lequel nous vivons qui date des années 60.

Donc, devant les discours politiques puisant à tous vents dans les idéaux bouillonnants d'une jeunesse très politisée, beaucoup n'ont pas l'impression d'être liés à ces décisions ou même concernés. 

À partir de cette époque, le monde a voulu un système de soins public fort.
À partir de cette époque, le monde a voulu un système d'éducation laïque.
À partir de cette époque, le monde a voulu nationaliser l'hydroélectricité pour qu'elle profite aux québécois.
À partir de cette époque, le monde a poussé l'idée de la souveraineté/indépendance québécoise.

Aujourd'hui, les temps ont changé. Les gens ont oublié pourquoi. D'autres opinions volent ici et là ; opinions que vous avez sans doute entendues, ressemblant à ceci : "Heille, il me semble qu'on paye assez de taxes ! Ces maudits services là, on devrait en avoir plus qui sont gratuits ! Go pour le privé !" Ça vous dit quelque chose ?

Peut-on comme société, malgré l'évolution à vitesse toujours plus grandissante, percevoir cet écho et se poser une question : en quoi avons-nous cru ? En quoi croyons-nous aujourd'hui ? 

N'en sommes-nous pas là : une reprise de conscience collective de ce pour quoi nous payons, chérissons, désirons et de ce que nous remettons en question ?

Cela va bien plus loin que cette échelle polarisée qu'est la droite et la gauche. On cherche à avancer, mais beaucoup ont oublié le point de départ. Comment est-il possible d'y revenir pour mieux repartir, alors ?

Un contrat social, en est-on prisonnier ou bénéficiaire ?

dimanche 21 septembre 2014

J'ai gagné... mes élections ?

Contexte ! par Bob et Marius

[Marius entre dans la pièce, le sourire grimpé au plafond]
- Coudonc ! T'as donc bien de l'air d'être de bonne humeur, Marius !
- Ben là... t'as pas écouté les nouvelles ? J'ai gagné !
- T'as gagné au 6/49 ?
- Non.
- T'as gagné au moitié-moitié du club social ?
- Ben non.
- T'as gagné un pari au concours du plus gros bouffeur de hot-dog ?
- Sacrament, Bob, tu fais exprès ? J'ai gagné mes élections !
- Ben, y me semble que quand on gagne, c'est pas parce qu'on fait un concours ou un truc du genre ?
- Voyons, Bob. Tout le monde sait ça ! Quand tu votes et pis que le partis de ton député rentre, tu gagnes.
- Marius ?
- Quoi Bob ?
- Tu m'avais pas dit que voter, ça voulait dire de quoi ? Si voter c'est dire ce qu'on veut au gouvernement, on peut pas vraiment gagner quequ'chose comme ça, non ?
- Bob ?
- Quoi Marius ?
- T'as déjà pensé t'inscrire au cours "comment pèter la bulle d'un chum ?"

Les élections, ou l'art de trouver le gratteux gagnant




En quelques articles, j'ai pris la peine d'étayer une certaine base de réflexion au sujet des élections. Plus particulièrement, du pouvoir que la démocratie nous octroie : affirmer notre choix politique par le biais du vote. Cela m'amène à me poser une autre question. Avez-vous déjà entendu votre ami, beau-père, blonde/chum, pilier de bar préféré dire cette phrase pleine d'une intense réjouissance : « J'ai gagné mes élections ! » ?

Pourriez-vous gagner un prix de présence ? Oui
Pourriez-vous gagner un concours de rot ? Oui
Pourriez-vous gagner un match de soccer ? Oui
Pourriez-vous gagner un droit ? Dans certains contextes politiques, oui
Pourriez-vous gagner des élections ? Heu...

Brassons les cartes un peu. À quoi servait un vote, déjà ? À exprimer un choix de société. Le gouvernement en place (ainsi que ceux qui désirent y être) cherchent à obtenir le reflet de ce que le peuple envisage comme direction politique. Peut-on être heureux de voir une majorité de gens penser comme nous ? Assurément. Puisque nous avons donné notre opinion (bon, ça dépend toujours de quelle manière vous avez voté, mais je ne reviendrai pas là-dessus), peut-on penser avoir fait, d'une quelconque manière, quelque chose de souhaitable pour la société ? Je pense que oui. Toutefois, d'un point de vue philosophique, peut-on songer avoir gagné ses élections (dans la mesure ou notre opinion reflète l'opinion majoritaire) ? 

N'oubliez pas ceci : en réfléchissant, je ne cherche pas à trouver une réponse populaire, cool ou "du bon bord". Je cherche à m'approcher le plus près du principe, de l'idéologie. Donc, comme l'a si bien suggéré Bob, si voter signifie donner son opinion, peut-on gagner "ses élections" ?

Citation #4

« Mais, dans la mort d'un homme, un monde inconnu meurt, et je me demandais quelles étaient les images qui sombraient en lui. »

Tiré de Terres des hommes, (page 99) de Antoine de Saint-Exupéry

Citation #3

« Ce que nous pourrions appeler l'utopie capitaliste, c'est que la société soit entièrement organisée ainsi, et que la totalité des biens et services offerts puissent être pris en charge par ce mécanisme de libre marché. Selon cette utopie, chaque fois que nous réduisons les interventions de l'État, nous améliorons nos chances de retrouver ce paradis perdu. »

Tiré de La juste PartRepenser les inégalités, la richesse et la fabrication des grille-pains, (page 22) de David Robichaud et Patrick Turmel


samedi 13 septembre 2014

Citations #2

« Parce que la science ne consiste pas seulement à savoir ce qu'on doit ou peut faire, mais aussi à savoir ce qu'on pourrait faire quand bien même on ne doit pas le faire. »

Tiré de Le nom de la rose, (page 109) de Umberto Eco

Citation # 1

« Il est difficile de faire admettre quelque chose à quelqu'un lorsque son salaire dépend précisément du fait qu'il ne l'admettra pas. »

John Updike
Tiré de Je ne suis pas une PME. Plaidoyer pour une université publique, (page 48) de Normand Baillargeon

dimanche 7 septembre 2014

Mondialisation et cadeaux au corporatisme : un bel ouroboros

À la venue du gouvernement actuel (parti libéral du Québec, élu en 2014), il y a eu un grand mouvement de contestation contre ce qui était identifié comme un "budget d'austérité". Je ne m'attarderai pas sur la définition de ce qu'est ou devrait être l'austérité ; j'y passerais la journée ! Ceux qui ont décerné cette étiquette au budget gouvernemental l'on passablement expliquée pour qu'on en ait une idée.

Pendant cette période, il y a eu d'autres manifestations de la part des étudiants contre le budget à une échelle bien moins importante que le printemps érable (2012), mais tout de même notables. C'est à ce moment que je suis tombé sur une affiche montrant un phénomène auquel j'étais totalement ignorant. On y demandait aux entreprises de faire leur juste part. Je ne me souviens plus très bien des chiffres, alors j'éviterai de les mentionner. Dans les années 1970, la part d'impôts versées par les entreprises étaient beaucoup plus élevée que celle des citoyens. Aujourd'hui, la norme est tout à fait l'inverse.

Pourquoi ?

J'y ai réfléchi pendant un bon bout de temps avant d'en venir à une réponse personnelle : la mondialisation. Elle et son ami le corporatisme. D'où l'image de l'Ouroboros (Le serpent en forme de cercle qui mange sa propre queue). Voici une explication imagée :

Par sa faim immense, la mondialisation cherche de nouveaux territoires à s'approprier et a besoin, pour se nourrir, des corporations. À leur tour, celle-ci vont pratiquer leur sport préféré : se remplir les poches ! Elles y sont d'ailleurs excellentes. Vient un temps ou le marché se sature et les corporations se mettent à chercher de nouveaux champs à semer. Mais pour semer plus loin, ça coûte des sous et bien entendu, pas question de faire un peu moins de profits ! Non, non, non ! En plus, d'autres corporations viennent semer dans leurs plates-bandes ! Halala, quel casse-tête ! Que faire, que faire ? Ah, oui ! Aller dans un coin de pays où les impôts ne sont pas élevées. Quelle excellente idée ! Et que faire si les propriétaires des territoires demandent trop de taxes ? Les menacer de s'en aller...

Considérant la pression énorme des corporations faites aux gouvernements, comment réagiraient-elles devant une politique de "la juste part" ? Je vous laisse deviner. 

La mondialisation est-elle si bénéfique ?