lundi 10 novembre 2014

La théorie de l'élastique

À l'origine, rien n'était vraiment compliqué. Dans un corps, des hormones bouillent, lancent leurs grappins sur un autre corps et nous voilà partis pour une autre génération.

Éventuellement, des règles de toutes sortes dictées par les Hommes pour gérer ce que la nature a créé. Plus tard la religion s'en est mêlée. Conclusion : monsieur... pas touche avant le mariage ! Après, vous êtes mieux de faire beaucoup de bébés !

Aujourd'hui, les choses sont différentes... et plus compliquées. Plus besoin de permission pour « choisir » quelqu'un, dans la mesure ou l'on croit la partie rationnelle du cerveau comme maîtresse absolue de cette décision. En plus, on peut se reproduire dans le vide ! Homme ou femme. Juste pour le plaisir de la chose. Alors, en quoi est-ce que c'est plus compliqué ? Justement parce qu'il n'y a plus personne d'autre que le cerveau qui s'en mêle...

Un jour, j'ai eu une blonde. (Pour nos amis adeptes du français international, c'est une expression québécoise pour désigner une fille comme partenaire de vie, mais avec un degré de sérieux très variable.) C'était ma première vraie blonde. Les deux partenaires étaient au courant, notre entourage le savait et l'échange de salive réglementaire revenait périodiquement (c'est-à-dire une moyenne de 47 secondes entre chaque échange). Il y avait toutefois ce petit quelque chose d'officiel, mais artificiel, entre nous deux : une collection de non-dits, de normes non écrites propres à notre patrimoine culturel.

C'est pendant cette période ou j'ai été été confronté pour la première fois au préambule de LA question qui s'exprimait un peu comme ceci : « tu nous vois comment, plus tard ? » Shit. J'avais 17 ans, la tête encore farcie de jeux vidéos, d'histoires fantaisistes et d'hormones surchauffées. Une réponse qui devait être proche du « ben, je sais pas » a franchi mes lèvres. Et là, de sa bouche encore pleine d'innocence est sortie une question qui a posé l'ancre dans mon esprit : « À quoi ça sert d'être ensemble si on n'a pas d'avenir commun ? » Re shit.

Vous comprendrez ici que cette question est reformulée pour contenir tout le sous-entendu de la version réelle. Mais elle contient la base de cette autre réflexion qui m'habite : Quelle est la limite éthique d'un couple ? Parce qu'aujourd'hui, oublie ça l'histoire de l'homme qui franchi les rivières pour se reproduire et laisser femmes et enfants se débrouiller par après. Oh que non !

La plupart du temps, l'idée « couple » a une multitude de finalités, toutes aussi bien détaillées par le dernier théoricien à la mode. Doit-on voir, dès le début, le potentiel familial dormant chez une personne, sous peine de se retrouver avec un élastique en plein visage ? Agréable après bien des années de se rendre compte que l'être aimé ne partage pas nos visions d'avenir... Quelle dose de compromis est alors acceptable pour continuer de se reproduire dans le vide alors que l'un voudrait bien fonder une nouvelle génération ? Et si la question de la reproduction n'est pas en jeu, quand le plaisir personnel devient-il malsain à l'égard des aspirations de chacun ?

Et bien... beaucoup de réflexions à partir d'une simple question.

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