Mode d'emploi contextuel
Si j'écris un article sur un petit garçon qui a aidé une vieille dame à traverser la rue, peu de monde le lit, mais c'est beau. Écrire sur une avancée médicale qui permet de détruire un nouveau virus, c'est cool. Heureusement, personne ne lance de pots à ceux qui écrivent ce genre de texte. Or, je m'apprête à recevoir un tas de pots. Oui, oui, un tas ! Donc, s'il vous plaît, avant de m'envoyer des rats morts sur la gueule, relisez mon message de présentation. Ça vous évitera de payer des frais de nettoyeur...
La valeur à la mode tu appuieras, alors les éloges tu recevras
Le féminisme d'aujourd'hui est devenu un lobby très puissant, selon moi. Comme ce lobby pèse lourd, plusieurs revendications se sont intégrées dans les valeurs prônées par la société québécoise. Néanmoins, leurs prises de position manque trop souvent de nuances. Et il y a pire : le mouvement parle au nom des femmes. Toutes les femmes.
Le 8 janvier 2016, vers environ 10h, j'écoutais l'émission Médium large sur les ondes d'Ici Radio-Canada première. Je n'écoute jamais la radio à cette heure-là. Il était question d'un article au sujet des 100 plus riches PDG du Canada. Un des invités masculins (c'est important), tout à fait indigné, a relevé un point de l'article : il n'y a que deux femmes sur cette liste ! Étonnamment, l'invitée féminine lui répond que les femmes n'ont peut-être pas envie de faire la même chose, dans les mêmes conditions.
Pardon ? Ai-je bien entendu ? C'est surréel ! Mais... pas tant que ça au fond. Il m'a donné l'impression de filer sur la vague qui attire une sympathique indignation gratuite, également bien véhiculée par les médias. La femme, au contraire, pose une question fondamentale (et je la vois déjà clouée sur un mur par 12 féministes radicales en professant leur religion tout absente de nuance). Elle va au-delà de l'élément factuel pour pour se poser de vraies questions.
Donc, allons par-là : est-il possible que dans les grandes compagnies canadiennes, les responsabilités liées aux postes de PDG puissent rebuter des femmes ? Pourquoi pas ? Est-il possible que l'image de l'homme pourvoyeur et de la femme impliquée auprès des enfants ait encore une place très forte dans notre identité citoyenne sexuée ? Sans doute.
Comprenez-vous que le simple fait de poser ces questions fait de moi un hérétique aux yeux de groupes que je considère comme un peu extrêmes ? Mais ne soyons pas mauvais joueurs. Je connais peu le domaine entrepreneurial, et encore moins le type d'ambiance qu'on y trouve. Mais mon rôle à moi, c'est de poser des questions.
Quand la valeur produit l'effet recherché... en forçant
Si ces questions prennent tant de place aujourd'hui, c'est qu'elles ont atteint la sphère politique. À l'automne 2015, au Canada, s'est déroulée une élection fédérale avec un enjeu que prône le féminisme depuis longtemps : il y a environ 50 % de la population de sexe féminin, donc 50 % des candidats devraient être de sexe féminin. Hormis le fait qu'on ne peut kidnapper de femmes pour qu'elles se présentent, c'est un idéal auquel j'adhère sans réserve. Mais remarquez que j'utilise bien le mot idéal.
Et qu'est-ce que ça a donné lors de nos élections ? Selon les chiffres de Joan Bryder, de la Presse canadienne, voici une liste du pourcentage (en ordre décroissant) de candidates chez les différents partis politiques.
- NPD : 43 %
- Parti vert : 39 %
- Parti libéral : 31 %
- Bloc québécois : 28 %
- Parti conservateur : 20 %
Pardon ? Ai-je bien entendu ? Avec cette façon de faire, vous aviez clairement plus de chance de devenir ministre si vous étiez une femme. Ça, ça s'appelle de la discrimination positive et ce n'est jamais une bonne chose. A-t-on reçu une volée de bois vert ? Non. Imaginez la situation inverse. D'après vous, ça aurait protesté ? Je vous laisse la réponse.
Oui, le politique cherche à envoyer un message, à correspondre à l'idéal. Ça frappe l'imaginaire et peut-être que ça aidera à faire changer les mentalités. Mais, est-ce qu'en discriminant les hommes (moyen utilisé depuis trop longtemps par les hommes pour écarter les femmes), on atteint mieux les objectifs ? Sur le plan politique, notre pays sera-t-il mieux servi ainsi ?
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