« À présent, on sait
comment les étouffer dans l'oeuf. On ne peut pas construire une
maison sans clous ni bois. Si vous ne voulez pas que la maison soit
construite, cachez les clous et le bois. Si vous ne voulez pas qu'un
homme se rende malheureux avec la politique, n'allez pas lui casser
la tête en lui proposant deux points de vue sur une question ;
proposez-lui-en un seul. Mieux encore, ne lui en proposez aucun.
Qu'il oublie jusqu'à l'existence de la guerre. Si le gouvernement
est inefficace, pesant, gourmand en matière d'impôt, cela vaut
mieux que d'embêter les gens avec ça. La paix, Montag. Proposez des
concours où l'on gagne en se souvenant des paroles de quelque
chanson populaire, du nom de la capitale de tel ou tel État ou de la
quantité de maïs récoltée dans l'Iowa l'année précédente.
Bourrez les gens de données incombustibles, gorgez-les de "faits",
qu'ils se sentent gavés, mais absolument "brillants" côté
information. Ils auront alors l'impression de penser ils auront le
sentiment du mouvement tout en faisant du sur-place. Et ils seront
heureux car de tels faits ne changent pas. Ne les engagez pas sur des
terrains glissants comme la philosophie ou la sociologie pour relier
les choses entre elles. »
Tirés de Fahrenheit 451
(page 90), de Ray
Bradbury
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