dimanche 24 août 2014

Quelle est la valeur d'un vote ?



Un vote, qu'est-ce que ça vaut ?

À la suite de la précédente réflexion politique sur ce que signifie un vote, je reste encore une fois avec mon malaise sur la qualité de la représentativité de nos idées. Comme je le soulignais auparavant, voter, c'est devenu un peu flou : on vote pour un parti, des idées, des représentants, un chef... tout cela avec plus ou moins d'indépendance d'esprit pour les gens/groupes choisis. Et bien sûr, un X, ça se ne nuance pas. Si le mode de scrutin est incapable de départager cela, non seulement on en perd le sens, mais on ignore quelle valeur y accorder ?

Pour reprendre l'exemple de Bob et Marius, si mon parti fictif a 10 % des intentions de votes, mais qu'aucun député n'est élu, l'option est tout simplement balayée. Vous douterez sans doute de la validité de l'exemple. Je répondrai alors ceci : douteux, mais mathématiquement valable. Imaginez plusieurs comtés où le parti arrive 2e. Désolé, mais c'est raté. Vous aurez beau avoir 3, 7, 10, 15 %, si aucun député n'est élu, le parti n'a pas sa place au parlement.

Prenons un exemple réel. En 2011, 3.9 % de la population du Canada a voté pour le parti vert. Ça a donné 1 député. Encore chanceux. C'est quand même 576 221 personnes ! En comparaison, le parti conservateur a eu 39,6 %, pour 5 832 401, ça donne 166 députés. Les proportions ne vous sonnent pas un peu étranges ?

Alors, dans ma petite province du Québec, sachant que mon vote fondamentaliste chrétien n'aura pas fait la différence pour faire élire un député à quelque part, quelle est la valeur de ce vote ? Un chiffre de plus dans une colonne. Utile pour qui ? Les journalistes politiques, les gosseux de sondage, les stratèges politiques. Et vous là-dedans ? Rien, nada, utilité et impact 0. Pour en ajouter, dans notre système, lorsqu'un parti est majoritaire, aussi bien dire que les autres peuvent chialer, brailler, taper du pied, ils ont peu de pouvoir pour faire quoique ce soit.

Si le haut lieu des échanges d'idées pour une gouvernance représentative ne nous représente pas, quelle voix officielle reste-t-il pour ces citoyens ? Aucune, outre la leur dans les radios, la formation de groupes populaires... mais pas là où les décisions se prennent.

Je ne prétendrai pas être le seul qui ait compris tout cela, ce serait fort malhonnête. Mais puisque cette idée semble faire son chemin dans la population par le biais de divers groupes de pression, la question à se poser est : à qui ce système profite ? Je laisse la question en suspens pour vous laisser y réfléchir.

Je vais tout de même donner ma solution la plus réaliste à ce problème : modifier notre mode de scrutin uninominal majoritaire à un tour pour un mode de scrutin proportionnel. Je garde les détails trop complexes sur les modalités de fonctionnement et nuances, mais avec ce système, on se rapprocherait bien davantage de ce qui m'apparaît comme étant idéal.

Mais avant que ça change, il faudra que le courant frappe plus fort que les avantages de ceux qui en profitent.

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